Un peu d'Histoire

Dans cette page "Un peu d'Histoire" vous trouverez les thèmes suivants :

- Pourquoi Perrecy s'appelle Perrecy les Forges

- Pourquoi une Chaussée de l'Etang

- Après les forges : l'exploitation minière

- Les petites histoires du pays

Pourquoi Perrecy s'appelle Perrecy-les-Forges

La présence du minerai de fer à Perrecy avait conduit les moines du Prieuré a installer en 1634 des forges à 2 feux et un fourneau.

Après la fermeture du Prieuré en 1782, divers propriétaires et exploitants se sont succédés à la direction de ces forges.

Fin 1840, les forges de Perrecy fonctionnaient encore. elles devaient s'arrêter en 1844.

Il y a 150 ans, Perrecy se trouvait privé d'une activité qui s'était maintenue pendant 2 siècles.

Il n'en subsiste aujourd'hui, qu'un seul et unique bâtiment transformé depuis de longues années en habitation à l'impasse de la forge, derrière la poste.

dessin les forges de Perrecy

A Toulon/Arroux, on peut voir une fontaine à balancier et 2 abreuvoirs, sortie des ateliers de la fonderie en 1835. Commande passée par le Maire M. Jacob.

Fontaine à balancier et 2 abreuvoirsFontaine à balancier-inscriptions

 

 

 

 

 

Pourquoi une Chaussée de l'étang

Ces dites forges étaient alimentées par un étang, "le Grand Etang", de 93 hectares de surface pour une longueur de 3 km  depuis la digue (la chaussée de l'étang) et d'une largeur de 250 à 400 m.

Il ne survécut à la fermeture des forges que jusqu'en mai 1848, où il fut asséché pour récupérer les prairies et développer l'élevage bovin.

Le grand Etang 2

 

Après les forges : l'exploitation minière

1 - le puits de Romagne

La concession minière a été instituée par le décret présidentiel du 10 mars 1880 et sa renonciation a été validée par l'arrêté préfectoral du 1er juin 2004.

Le puits de Romagne, situé à gauche avant le bois, sur la RD 60 en direction de Ciry-le-Noble, fut creusé à partir de 1876 par la Société Charbonnière du Centre qui devient en mars 1880 la Compagnie des Mines de Perrecy-les-Forges.

En 1883, il est remplacé par un nouveau puits, le puits Bonnin-Bonnot situé sur la commune de Génelard, au lieu dit Bonnin-Bonnot (actuel accès à la RN 70).

2 - le puits de Rozelay

Le puits de mine de Rozelay, situé rue du puits à la cité de Rozelay, fut creusé à partir de 1939 par les Houillères du Bassin de Blanzy.

Le chevalement (Ets Schneider) fut installé en 1942.

L'extraction commença le 16 novembre 1959.

Sa mise en sommeil date du 1er juillet 1986. son remblaiement et la démolition des chevalements eurent lieu en été 1991, après l'arrêt de l'extraction en septembre 1990. 

Actuellement ne subsistent que des bâtiments administratifs transformés en logements par des propriétaires privés.

 "Les Petites Histoires"

1 - Le chemin rural dit "de l'Homme Mort"

Si vous passez à Perrecy, dans le « bois de l’homme mort », ne soyez pas surpris de découvrir, au hasard d’une allée, une tombe en assez bon état, avec un encadrement métallique et fleurs artificielles. C’est celle d’un colporteur anonyme assassiné là il y a plus de cent ans.

Retour sur une vieille affaire non élucidée.

On est au mois de novembre 1894, il est six heures du soir, comme on disait à l’époque : la nuit est tombée depuis 2 heures. Quatre hommes portant de volumineux bagages sur leur dos, ce qui les désignent a priori comme exerçant la profession de colporteur, se présentent à la ferme Dubreuil à Clessy où leur arrivée a été bruyamment annoncée par deux molosses, aboyant et tirant fort sur leur chaînes face à ces inconnus.

Les colporteurs alors étaient souvent les bienvenus : les magasins étaient peu nombreux, à la campagne et ces « livreurs à domicile » vendaient maintes marchandises qu’on ne savait pas produire à la ferme : aiguilles, boutons, pièces de tissu, almanachs… La mère Dubreuil en profita pour faire quelques achats ; les colporteurs demandèrent l’hospitalité et proposèrent, à leur tour, d’acheter quelques volailles pour les jours suivants : œufs, fromages, lard, jambon.

L’un d’eux en payant laissa échapper sa bourse, une poignée de pièces d’or s’étala sur la table. Cette maladresse ne laissa pas ceux qui étaient autour de la table indifférents ; les pièces, flamboyant étrangement à la lueur de la lampe à pétrole, allumèrent aussi les regards. Certains regards. L’homme, ayant remis son bien en bourse, partit avec ses trois compagnons dans le coin de l’étable que le maître des lieux leur avait affecté pour la nuit. Là, les quatre colporteurs « s’attablèrent », mangèrent et firent honneur à la dive bouteille.

Peut-être un peu trop, car s’engagea peu après une dispute.

Les hommes en vinrent probablement aux mains, car on entendit leur remue-ménage jusqu’à l’intérieur de la ferme, ce qui tint en alerte, un temps, le père Dubreuil et son « fusil de douze » qui était comme toujours suspendu entre le lit et l’armoire de la grande salle.La fatigue et le vin aidant, le silence finit par s’établir, et le lendemain matin, lorsque le fermier se leva, les quatre hommes étaient partis…

Dans le courant de la journée, le garde forestier effectuait sa tournée dans la forêt voisine lorsque son chien, après être tombé en arrêt, se mit à aboyer. Le garde s’approcha : gisait à terre une forme noire ; il s’agissait d’un homme sans vie.L’alerte fut donnée. Le premier constat établit que le cadavre était celui d’un des quatre colporteurs qui s’étaient arrêtés la veille chez les Dubreuil, et précisément de celui à la « bourse d’or ». on n’hésita  pas longtemps non plus sur le mobile du crime : l’homme avait été dépossédé de son argent.

L’affaire d’apparence toute simple, se compliqua quand on s’aperçut que l’assassiné n’avait rien sur lui qui permette de l’identifier, et personne ne l’avait jamais vu dans la contrée. D’où cette inscription sur les registres de la mairie de Perrecy, où le décès a été enregistré : « l’an 1894, le 3 novembre à six heures du soir, par devant nous, DUCAROUGE Jean, maire, officier de l’état-civil de la commune de Perrecy-les-forges…, ont comparu DUBREUIL Jean, cultivateur de 36 ans, et DUBREUIL Jean-Louis, cultivateur de 32 ans, tous deux domiciliés à Rozelay de notre commune, lesquels nous ont déclaré qu’aujourd’hui à trois heures du soir, un individu de sexe masculin, paraissant âgé d’environ 50 ans, vêtu d’un veston, d’un gilet et d’un pantalon de drap fantaisie couleur noire, d’un gilet de coton marin, d’une chemise de couleur à carreaux, de deux flanelles, d’un chapeau de feutre noir, chaussé de brodequins et d’une aire de bas brun-marron, porteur de différents objets ne permettant pas d’établir son identité ni de la faire reconnaître, tous ses vêtements étant sans initiales, a été trouvé mort dans le bois dit ‘du Sellier Sud’ sur le territoire de notre commune. Et après nous être personnellement assuré du décès et de l’exactitude des faits déclarés, nous avons dressé le présent procès-verbal que nous avons lu aux comparants et signé avec eux ».

Cet acte de décès, si bien fait fut-il, ne résolvait pas le problème immédiat qui se posait à l’officier de l’Etat-civil : qui allait payer les frais de l’enterrement ?

Et d’abord où allait-on enterrer la malheureuse victime ?

On décida, sans doute par économie, de l’inhumer là où il était mort, mais, en même temps, on prit la décision que sa tombe devait être entretenue, régulièrement, par les propriétaires des bois où le crime avait été commis.

       2 - Le bois dit "de l'Homme Mort"

Bien que datant de plus de cent ans, cette décision collégiale est toujours en vigueur. Le propriétaire actuel restaure régulièrement la tombe de l’inconnu et la fleurit ; tout est propre, tous semble en ordre. Cette tombe est située dans le bois appelé aujourd’hui « de l’homme mort », à quatre cents mètres du hameau des Raquins, le long d’une allée de la Dame et aboutit au chemin des Terres Blanches. Elle se situe à quelques deux kilomètres de la ferme de Clessy qui a eu, elle, moins de chance. Ayant été engloutie par les affaissements miniers, il n’en subsiste que quelques murs, ceux de l’écurie… où le colporteur anonyme avait passé sa dernière nuit… avec son ou ses assassins.