L'église St Pierre St Benoît

Classée Monument Historique depuis 1862, elle est inscrite sur "Les Chemins du Roman" et "La Route du Patrimoine" de la Communauté Urbaine Creusot Montceau.

Un peu d'histoire :

Le site de Perrecy est remarquable, tout d'abord par son ancienneté. A la fin de l'époque mérovingienne, Childebrand, frère de Charles Martel, reçoit la terre de Perrecy vers 736. Son héritier, le Comte Eccart se voit confirmer la possession du domaine de Perrecy vers 836 par Pépin II, Roi d'Aquitaine, avec l'assentiment du Roi carolingien : Louis le Débonnaire.

Plan du prieuré

 Plan de 1760

           

C'est en 840 que le Comte Eccart aurait fondé le premier prieuré de Perrecy qui sera rattaché en 876 à la célèbre abbaye de Fleury-sur-Loire, laquelle aurait recueilli, au début du 8ème siècle, les précieuses reliques de Saint Benoît, patron du monarchisme occidental.

Le Prieuré de Perrecy est donc l'un des plus anciens monastères de la région, contemporain de Charlieu (872) et d'Anzy-le-Duc (876). A l'époque carolingienne, la grande abbaye de Fleury-sur-Loire établit un prieuré, semble-t-il plus important, pouvant servir de refuge en cas d'invasion, notamment des Normands.

La construction de l'église de Perrecy :

 L'église 2

 

Grâce à de nombreuses donations aux 10ème et 11ème siècles, le monastère de Perrecy se développe et devient le second en importance dans la Congrégation de Saint-Benoît-sur-Loire. Vers 1020-1030, le Prieur Raoul entreprend la construction d'une plus grande et plus belle église.

Cette église de la première moitié du 11ème siècle comporte une nef couverte d'une charpente qui communique avec les bas-côtés par l'intermédiaire de grandes arcades qui retombent sur de simples piliers carrés dépourvus d'impostes et de chapiteaux sculptés. Cette architecture de style carolingien, austère et très dépouillée, se retrouve à l'église Saint-Nazaire de Bourbon-Lancy qui est passée à la même époque dans l'orbite clunisienne, vers 1030.

Comme celle de Bourbon-Lancy, l'église de Perrecy comporte à l'origine, un transept saillant et voûté en pierre. La croisée du transept délimitée par quatre grands arcs en plein cintre est tout à fait remarquable : couverte d'une coupole octogonale sur trompes, très élevée, qui repose sur un tambour de forme carrée percé sur chaque face d'élégantes baies géminées séparées par une fine colonnette de marbre réemployée d'un monument gallo-romain.

A l'origine, le chevet de Perrecy est ordonné selon un plan dit "bénédictin", à savoir : une abside centrale en hémicycle flanquée de quatre absidioles parallèles et en retrait. On retrouve ce plan à l'église Saint-Nazaire de Bourbon-Lancy, Anzy-le-Duc et Charlieu.

Le chevet de Perrecy a été complètement transformé au 14ème siècle. L'abside actuelle est à trois pans plats, précédée d'une travée voûtée d'ogives et flanquée latéralement de deux chapelles de plan carré qui ont remplacé les absidioles romanes en hémicycle. A l'extrémité du croisillon nord, la sacristie est également de l'époque gothique.,

Des transformations profondes :

En 1095, on rebâtit le bras gauche du transept suite à un effondrement de la voûte. Le choeur est complètement remodelé à l'époque gothique.

Au 15ème siècle, le prieuré de Perrecy passe sous le régime de la commende (in commendam) et tombe en décadence. Le triple vaisseau de l'église est mutilé lorsque le bas-côté nord disparaît ainsi que les grandes arcades, au 16ème siècle.

A son apogée, fin du 13ème siècle, le monastère de Perrecy comptait une vingtaine de moines. En 1695, ils ne sont plus que trois. Malgré une reprise à la fin du 17ème et au début du 18ème siècle, sous l'impulsion du prieur Dom Berrier (1674-1739), le monastère sombre à nouveau dans la décadence et finit par être supprimé en 1784. Les bâtiments monastiques, sur le flanc droit de l'église, sont détruits, et tous les biens du monastère donnés au Petit Séminaire d'Autun et à l'Hôpital de Dijon ; l'église est alors affectée au culte paroissial sous le double vocable de Saint Pierre et Saint Benoît.

Clocher et porche de l'église

 

L'église ayant échappé à la démolition, est parvenue jusqu'à nous, après une restauration réalisée à la fin du 19ème siècle par l'architecte des Monuments Historiques : Selmersheim, lequel a conservé le magnifique porche du 12ème siècle.l'église de Perrecy

Splendeur du Narthex :

Le porche ou narthex de l'église de Perrecy-les-Forges édifié dans les années 1120-1130 est un des chefs d'oeuvre de l'art roman bourguignon.

Ce narthex est remarquable par son architecture et la beauté de son décor sculpté. Il comporte six compartiments répartis en deux travées d'inégale longueur. Ces compartiments communiquent entre eux par de grandes arcades en plein cintre qui retombent sur des demi-colonnes à chapiteaux sculptés. Le portail constitue la pièce maîtresse qui attire tous les regards.

 

Porchenarthex

 Tympan du narthex

 

Au tympan est représenté le Christ en majesté dans une mandorle encadrée par deux séraphins ornés de trois paires d'ailes. Cette sculpture austère et puissante évoque avec une grande force l'Apocalypse et le Christ du Jugement Dernier.

 

Au linteau figurent des épisodes de la Passion : le jardin de Gethsémani, l'Arrestation, la comparution devant le grand prêtre et le reniement de Pierre.

Linteau du tympan 

Avec les chapiteaux des colonnes encadrant le portail, cet ensemble sculpté, très proche du Brionnais, est un véritable chef d'oeuvre de la sculpture romane en Bourgogne du sud. 

 

Oiseau tricéphale

 Chapiteau aux Éléphants

  Dragon terrassé par l'archange St Michel Sirène poisson à double queue